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GatzLab Demos

by Laurent Gatz

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1.
Incognito 00:01
J’ai fait Clayderman Sur croisières Méditerranée Georgia on my mind Promenade des Anglais D’un salon d’hôtel quatre étoiles Bruits de fond De coupes à Champagne Et verres de Bourbon Soir après soir assis au piano Incognito J’ai fait rock’n’roll Sur tous les tréteaux les terrasses L’été à Bandol L’hiver Avoriaz Les fêtes au village les podiums De juillet J’y ai mis la gomme Et j’ai fait danser Mes nuits rêvées de guitar hero Incognito Chanter à tue-tête Un air à la mode Au bal des lampions Au fond des guinguettes Java pasodoble À l’accordéon Pour des cachets moderato Incognito Pas bien raisonnable À vue de banquier de comptable Ce choix dans les poches D’une double croche À la batterie sur un violon Au saxo Jouer sa partition Et en rubato Avoir eu la vie d’un musico Incognito
2.
Le vol des mouettes suspendu Sur les coteaux du frigo La recette du pain perdu Du far breton aux noyaux Un resto dans Carcassonne Une liste de courses à rallonge Une réduc pour une Calzone Un régime qui jette l'éponge Une carte de visite D'un garagiste rue Kleber Quand la vie pète une durite Quand elle claque fort les portières Demain c'est les encombrants Je jetterai le frigidaire Sur les trottoirs verglaçants J'ai laissé l’autocollant De « Ségolène tous derrière » Un calendrier d' la poste Qui rétrécit les congés Une carte postale d'Aoste Quand les rimes viennent à manquer Un sourire de maternelle Qui ruina la petite souris Une grenouille qui « vermicelle » Quand le temps est à la pluie L'effigie de Bernadette Qui a croisé la Dame Blanche Entre Lourde et Espelette A la sortie d'l'A 60 Demain c'est les encombrants Je jetterai le frigidaire Faut voir ce que jette les gens Avec un peu d'chance sûrement Je pourrai faire des affaires Dis je fais quoi des dessins Où les fleurs sont gigantesques Les soleils sont jaunes poussins Où surtout je suis grotesque Le numéro d'ton travaille Juste en cas d'urgence vitale Mais pas pour les gosses qui braillent Encore moins pour le linge sale Dis moi qu'on remettra pas Sur le frigo flambant neuf La carte de France « Le Gaulois" Les tables de zéro à neuf Demain c'est les encombrants Je jetterai le frigidaire Je repeindrai au printemps Le meuble en formica blanc Les quatre chaises et l'étagère
3.
J'ai perdu l'appétit Moi qui mangeais ta part Je tourne dans le lit J’ai le sommeil bavard Je tire sans résistance Sur moi la couverture Avec toi j'y repense C'était Excalibur Je suis comme un matin Qu'a perdu sa routine Je te cherche comme un chien Tout au bout des tartines L'amour sur le carreau Et la vie dans les cordes Comme un dégât des eaux Quand le chagrin déborde J'ai ouvert ma fenêtre A un chat sans gouttière Contre quelques croquettes On partage mon enfer Il est pas très miaulant Moi d'mauvaise compagnie La nuit on se comprend Tous les chats sont aigris Il m'a semblé entendre Ta voix sur le palier Je sais ça peut surprendre Je n’t’écoutais jamais Ce n'était que ma mère Qui passait en coup d'vent Toujours en Angleterre ? Dit ‘elle en souriant Bien sûr y'a les copains Qui passe pleurer un coup Qui ont soif, qui ont faim Qui mang'rait bien un bout La bouche pleine ils m'approuvent Clignant du bout des yeux Avalant tout c'qu’ils trouvent Tu vois j'fais des heureux Je suis comme un Carlin Qu'a perdu sa Darling Je passe du guide Michelin Au café « chez Micheline » Un camion Iveco A vidé tout l'appart J'ai planqué l'escabeau Et dénoué ma cravate….
4.
Un oiseau 00:01
Un oiseau S'est posé sur mon chapeau Lui qui ne s'approchait plus Ni des villes ni des rues Ni des hommes Un oiseau Un volatile, un moineau Ce sans cage ,ce pique à miette S'est installé sur ma tête Sur ma pomme Il a bâtit sa maison En brindille et en coton Et quand il arrose ses fleurs Moi je pleure Un oiseau Qui vit sur mon ciboulot À pendu sa crémaillère Invitant les sans volières Les sans nids Et là haut Des merles et des étourneaux Des traînes miséreux sans "ciel" Qu'ont fuit l' chat d' la mère Michèle Toutes leurs vies Ont dansés sur mon chagrin Ont piaillés jusqu'au matin Pris mon plancher pour les planches "Saltim'branche !" C'en est trop Du balai, du vent, ciao C'est fini la foire aux becs Vas t'faire plumer chez les grecs Débarrasse Illico Sous les rames du métro J'ai jeté mon chapeau d'paille Sans préavis et sans baille Sans pap'rasse Mais parfois dans mon sommeil Dans le creux mon oreille Je les entends rire encore De ma mort....
5.
6.
J’ai la moitié de mes amis Qui sont mort tout autour de moi L’autre moitié qui s'est enfuit Pour se terrer comme des rats J’ai la moitié d’une maison Mais il lui reste si peu de tuiles De murs, de rires et de plafond Qu’elle ne tient plus que par un fil Il reste la moitié de la ville La moitié des rues en gravas J’ai plus qu’un œil, celui qui brille S’ouvre plus pour ne voir que toi J’entends plus qu’à demi ma mère Pleurer sur le corps de ma sœur Mon père a usé ses prières Entre ses mains froissées de peur J’ai la moitié de ta photo Toi mon amour, toi ma demie L’autre a brûlé et mes sanglots N’ont pu sauver qu'une partie Ton visage, ton dernier sourire Tes premiers mots au saut du jour Le baiser avant de partir Celui promis à mon retour Ce soir une moitié de lune Trempe ses pieds dans le ruisseau La moitié du pont dans la brume Retiens les corps flottants sur l’eau Des ombres remontent la berge Perdues à mi-chemin de croix Au milieu de l’enfer, émerge Une chanson douce d’autrefois Cette nuit je prendrai un bateau Une demie barque de fortune Un rafiot, un demi radeau A la lueur d’une demie lune On traversera l’océan En face y’aura bien un pays Même tout petit, à moitié grand Pour ne plus vivre ’à demi
7.
Ça n'veut rien dire partir trop tôt Comme si certains partaient trop tard C'est jamais le moment, c'est faux Que l'on soit jeune ou bien vieillard On a toujours des choses à faire On a toujours des bises en vol Ou des amours retardataires Laissées sur le banc de l'école On a toujours le monde à voir À la fenêtre ou bien dehors Les matins c'est fait pour l'espoir La vie c'est fait pour vivre encore Ça n'veut rien dire partir trop tôt Y'a pas vraiment d'heure pour mourir C'est jamais dans le bon tempo Même si on n'a plus rien à dire On a toujours les yeux qui traînent Même si on n' relève plus la tête Il y'a toujours l'eau des fontaines Pour voir son reflet apparaître On a toujours des mains qui cherchent À attraper entre leurs doigts L'autre main qui vous tend la perche Comme le jour de nos premiers pas Ça n'veut rien dire partir trop tôt C'est des excuses, c'est des foutaises C'est juste une ruse quand t'as plus d'mot Quand la mort ferme les parenthèses
8.
Tiens bon ! 00:01
TIENS BON ! Le chien qui saute la barrière Et court dans la lunette arrière Et puis mon père qui accélère Pour disparaître sous l'horizon Tiens bon ! Renaud roulé dans un poster Le maillot red de Manchester L'enfance sur la banquette arrière Tient toute entière dans un carton Tiens bon ! Toute façon, on retiendra quoi La vie passe comme on claque des doigts Souris pour la photo ! Basta ! Le piano de William Sheller Le sable qui ne verra plus la mer Au fond du pot sur l'étagère Les souvenirs qui miaulent en rond Tiens bon ! Un paquet d' Malboro légère Le film qu'on repasse à l'envers Pour s'arrêter pile où Dewaere Flanqu' un coup de boul' au patron C'est bon ! Toute façon on retiendra quoi Puisque ton ticket n'sert qu'une fois C'est la fin du film et Basta ! Les cahiers qu'on n'a plus ouverts La carte de France du p'tit Robert Les fautes intactes de grammaire Qui refusent d'être au diapason Tiens bon ! Le soir qui éteint les lumières La lune qui trempe dans la rivière Et le papillon éphémère Qui cogne sa tête au plafond Tiens bon ! Toute façon qui s'en souviendra Se rappelera de nous, de toi À la fin on meurt et Basta !
9.
Chez Abdel 00:01
Au café chez Abdel On refait plus le monde Il est bien trop cruel Il est bien trop immonde Et si les verres chancellent Et si les cœurs s'y grondent C'est qu'ici même le ciel Passe pour Monsieur tout l'monde Au café chez Abdel Il y'a toute la mappemonde Un Paki' d' la Chapelle Un ancien d'la Rotonde Un chinois de Sarcelles Un gitan de Villemomble Et un vieux colonel Qui remonte le Mékong Au café chez Abdel Y'a rien d'autre à la ronde On s'y croise on s'y pèle On s'y taxe des blondes On est rond comme des pelles On est muet comme une tombe Quand le fric te rappelles Que t'en dois à tout l'monde Au café chez Abdel On attend qu'la nuit tombe On interpelle untel « Va t'as bien une seconde ! » Comme on n'a plus d'oseille On paye « zobi » sur l'ongle Nos Ardoises à la pelle On r'tourne à la Rotonde
10.
Au Flore 03:04
Tiens t'as qu'à demander à Fred Pas vrai qu'au Flore tu rentres pas Si t'as pas l'encyclopéd' Sous un bras A l'heure du Ricard tomate Tout le monde est au thé au lait Pas un type qui joue aux cartes Au tiercé Faut savoir qu'là bas en prime On gueule pas on s'apostrophe Quand on parle on fait des rimes Comme des profs Ces gens-là sont du "morning" Toi t'es même pas du matin Cherche pas t'as pas l' feeling Saint Germain Le p'tit bouquin dans la poche La chemise ouverte au col Et l'écharpe de philosophe Qui s'envole A table c'est comme dans la haute Pas d' serviette autour du cou Jamais un rôt plus haut qu' l'autre Pas comme nous Ils ont des bagouses comme ça Des grosses chevaliéres en or Qui z'ont pas fauché com’ toi Sur un mort Ces gens-là s'appellent "Darling" Toi ton nom qui s'en souvient Cherche pas t'as pas le standing Saint Germain Le soir ils écoutent du jazz Comme dans les cages d'ascenseur Mais attention la grande classe La fine fleur Même ça s'appelle un Quartet Pas de la zic' de tuyaux d' poêle A la sueur de la trompette Comme au bal Surtout y'a personne qui danse Sacrilège de néophyte T'écoutes comme une conférence Tu médites Ces gens là passent au "living" Toi tu passes pour un crétin Cherche pas tu "no speaking" Saint Germain Ces gens là y prennent un drink Toi tu rinces dans tous les bars Cherche pas t'as qu' le standing Saint Lazare.....
11.
12.
L'ambulance 00:01
Je n'avais jamais entendu Le chant ininterrompu Des sirènes Dans le brouhaha des villes Dans les bouchons immobiles Des semaines Parfois même leurs tintamarres Me semblaient presque illusoires Volontaires Comme pour se frayer un chemin Après une journée de turbin Ordinaire C'est dans l'angoisse du silence Quand soudain ça pue la mort Qu'on entend les ambulances Dehors J'avais jamais fait trop gaffe Un peu comme le chant des piafs J'étais sourd Je vivais là dans cette cohue Des travaux qui n'en finissent plus Au carrefour Dans l'antre des bétonneuses Le bip bip des pelleteuses Répété Les camions de benne à ordure Où derrière quelques Ben-hur S'agrippaient C'est dans l'angoisse du silence Quand le ciel vous tombe dessus Qu'on entend les ambulances Perdues J'ai vécu dans un cocon Sans avoir peur ni d'un avion Ni des bombes Quand chez nous la dernière guerre N'est plus qu'une plaque mortuaire Une vieille tombe Alors j'ai pas l'habitude Quand la peur fait son prélude Sous ma f'nêtre Je lui jett'rai bien des pièces Pour qu'enfin elle nous laisse À la fête C'est dans l'angoisse du silence Quand le cœur se déchire d'effroi Qu'on voit arriver l'ambulance Chez soi.....
13.
Fallait la voir tremper ses pieds Dans l'eau limpide du bassin Les poissons rouges s'attroupaient Tout autour d'elle comme un essaim Fallait me voir moi qui l'épiais D'un air curieux plutôt malsain Ce matin-là, j'ai oublié J'étais venu jeter du pain Fallait la voir quand elle rinçait Ses jambes avec l'eau claire du bain Qui semblait glisser, ruisseler Comme sur des draps en satin Fallait me voir moi qui suivais Sans perdre une miette en chemin J'ouvrais la bouche comme pour laper J'étais prêt à boire comme un chien Fallait la voir qui s'essuyait Enroulée dans son drap de bain Les poissons rouges s'ébrouaient Ils étaient sortis du bassin Fallait me voir, j'étais caché Par pudeur derrière mes deux mains Les doigts légèrement écartés Comme l'aurait fait un collégien Fallait la voir se rhabiller Remettre sa robe sur rien Le soleil à peine finissait De sécher son corps quand soudain Fallait me voir lui rapporter Son chapeau envolé au loin Dessus, le vent c'était jeté Comme un bandit de grand chemin Fallait la voir qui s'en allait En m'ignorant pauvre clampin Elle est partie par le sentier Qui serpente entre les sapins Fallait me voir moi qui pleurais En rejetant dans le bassin Les poissons morts venus s'échouer Par amour comme font les dauphins Fallait me voir en suicidé En pain rassis du lendemain Venir chaque jour me noyer Dans l'eau limpide du bassin Fallait la voir, trop tard, c'est fait Vous arrivez quand c'est la fin Elle n'est jamais rev'nu tremper Ses pieds dans l'eau de mon chagrin
14.
C'est un vieux pays lointain Qui n'a qu'une seule saison Mais lointain ici c'est rien C'est au bout de la maison C'est l'enfance qui rentre au port Par le trou de la serrure On frappe à la porte encore On garde même les épluchures Les carcasses des remorques Sont dépouillées par la rouille Les chats s'y replient en bloc Quand d'autres chats les dérouillent Et quand on te rend visite Tout le monde est au carreau Ici le temps passe moins vite Que la couleur des rideaux Moi quand j'y reviens parfois Je fais l'enfant du pays Qui rentre dans le bar tabac Qui fait poste, épicerie Je reprends l'accent du coin Mais je ne trompe plus personne J’ai le cul d'poule parisien Le «e » muet sur la Garonne On réchauffe dans la casserole Le café quand il est froid On n'y met une goutte de gnôle C'est toujours bon pour c'que t'as On sort la boîte St Michel Les galettes de leurs étuis Celles qu'on n'a eu à Noël Dans le colis d’la mairie On fait le tour en photo Des membres de la famille On regarde la date au dos Quand la mémoire s'éparpille Tiens celle-là tu t'en rappelles On n'avait encore la Diane C'était juste avant l'Opel J'attendais Yvan où Anne ? Moi quand je repasse par là Je fais l'enfant du pays Qui sait quand un chien aboie C'est quelqu’un qu'est pas d'ici Du coup j'ai mal aux genoux C'est sûr’ment qu’la pluie s'amène J'en rajoute un peu beaucoup Je dis bonjour toute la semaine C'est un vieux pays lointain Qui n'a qu'une seule saison Mais ici lointain c'est rien C'est au bout du portillon
15.
Enfin voilà 00:01
On l'dit souvent quand c'est trop tard Les portes se ferment et le train part Et le sifflet du chef de gare Couvre toujours, les mots d'amours On l'dit comme ça sur le palier Quand l'ascenseur s'est refermé Du bout des lèvres quand on murmure Des mots qui semblent faire le mur Alors pendant que je t'ai sous la main Plutôt qu’y remettre à demain Avant qu'tu m'files entre les doigts J'voulais te dire…… Enfin voilà ! On l'dit aussi quand on s'enfuit Derrière la vitre d'un taxi Sur le message du répondeur En courant d'air comme un voleur Parfois encore dans le boucan Du métro qui passe en même temps Au téléphone quand on raccroche Sur un papier au fond d'la poche Alors pendant qu'on n'est tout seul Avant qu'tu partes ou qu'on s'engueule Et tant qu'à faire puisque qu'on n'est là J'voulais te dire…… Enfin voilà ! Plutôt qu'attendre la fin du bal Un jour dans un lit d'hôpital Où bien quand tu m'entendras plus Sous les sirènes du Samu Dans des cendres au fond d'un bocal Sous le marbre d'une pierre tombale Dans l'marque page de nos mémoires Dans un sursaut de désespoir Alors pendant qu'je t'ai en face J'me suis entraîné dans la glace Avant qu'un de nous sois plus là Je voulais t'dire….. Enfin voilà !
16.
Elle écrivait souvent au courrier des lecteurs De Télé Star C'est eux qui gardent secret les adresses des chanteurs Dans leurs tiroirs Elle ne s' lassait jamais des lettres sans réponses Bien au contraire Cet amour là s'entête et jamais ne renonce À son enfer C'était toujours à sens unique Du sentiment sans la pratique Un coup de coeur pour rien dans l'eau Ma mère et Bécaud On mesure jamais l'importance Elle pesait rien dans la balance Qu'une dédicace sur une photo Ma mère pour Bécaud Chaque fois qu'elle entendait sa voix à la radio Fallait la voir Courir se recoiffer, remettre un peu de beau Dans son regard Et bien que l'on avait aucun rang à tenir Y'a pas d'raison Elle tenait sa maison prête pour l'acceuillir Non mais dite donc ! C'était d' l'amour qui mène à rien Une gare où n' s'arrête plus un train Un quai sans voyageur désert Bécaud et ma mère J' entend d'ici vos rires idiots Vous qui n'aimez que pour de faux Comment comprendre ceux qui aiment trop Ma mère et Bécaud Y'a des amours qui se méritent Jamais il lui rendit visite Disparu sans laisser de mot Mais "Quand il est mort le poète" J'avais cette chanson dans la tête Pour cet amour desperado Ma mère et Bécaud Pour cet amour desperado Ma mère et Bécaud
17.
Fais un effort Fernand Souris qu'on voit tes dents Fais ta plus belle grimace Sinon ces idiots bêtes Jett'ront leurs cacahuètes Chez les babouins d'en face Toi t'es sur l'dépliant T'es avec le toucan Les ours et les panthères Nous on est d'la mandrille Du singe de pacotille Du primate ordinaire On t'as encore monté la tête Avec des histoires de savane La liberté c'est des sornettes Qu'on se raconte de liane en liane Dis tu lis quoi sur la pancarte Née en captivité ici 'Sert à rien d'chercher sur la carte "Captivité" c'est pas un pays ! Fait un effort Fernand Bon ça suffit maintenant Comment il faut te l'dire C'est ça tu veux qu'on ferme Ou pire qu'on nous enfermes Et bye bye la Palmyre Fini les strass, les flashs La vie qui payait cash En banane, en coco À l'eau et au pain sec Et des tuyaux dans l'bec Dans une cage de labo On t'as encore monté la tête Avec des vieux contes africains La liberté c'est la disette Toute une vie à mourir de faim Et puis la bas y'a pas d'enclos Dans ta forêt imaginaire N'import' qui peu te faire la peau Tu passerais même pas l'hiver.... Tiens si tu veux Fernand D'mande à l'orang-outan Il est là d'puis vingts piges Regarde même les rapaces Pourquoi ils restent sur place À faire de la voltige Ils pourraient s'envoler S'enfuirent à tout jamais Vers tes foutus tropiques Tout ça c'est des légendes C'est juste pour faire vendre Des p'luches dans la boutique On t'as encore monté la tête Avec des histoires de veillée La liberté c'est pour les mouettes Et puis j' vais dire la vérité Les antilopes elles baratinent Nos ancêtres viennent pas du Kenya J'ai lu au dos des figurines On vient tous de Made in China
18.
Pense bête 00:01
Penser d’appeler son Patron Lui dire que l’on s’est cru Dimanche Qu’on reviendra à l’occasion Qu’on a trop de flemme sur la planche Penser de faire les poussières Finalement se faire un café Penser de détartrer la cafetière D’acheter de quoi la détartrer Penser à faire le tour du monde De tout plaquer de tout quitter Penser que si la terre est ronde Elle me ramènera à tes pieds Penser d’ répondre au téléphone Penser de mal le raccrocher Penser d’appeler Maryvonne Lui dire qu’on y a plus pensé Penser de rendre à la voisine Ses mots fléchés, ses « Marie Claire » Penser d’emprunter sa farine Qu’on a empruntée avant-hier Penser à faire le tour du monde De tout plaquer de tout quitter Penser que si la terre est ronde Elle me ramènera à tes pieds Penser aux fleurs sur le balcon Penser d’ jeter les géraniums Penser de nourrir les poissons Penser de donner l’aquarium Penser d’aller aux cigarettes Penser de n’plus fumer du tout D’allez voir dans la boite aux lettres Si quelqu’un a pensé à nous Penser de dire à son docteur Qu’on veut d’la vie en goutte à goutte Penser de couper le moteur D’attendre sur le bord de la route Penser à faire le tour du monde De tout plaquer de tout quitter Penser que si la terre est ronde Elle me ramènera à tes pieds
19.
Texte original (avant taille d'été) Hors sujet Tête en l'air Trop rêveur Appliqué A n'rien faire Pendant l'heure Passe son temps A la f’nêtre Comme les chats Nonchalant Pour s'y mettre A chaque fois Laborieux Pour sortir Ses affaires Ingénieux Pour mentir Réfractaire Je résume Ouvrir les guillemets Fermer « Gallimard » Dans la lune Semble dériver Au fil des retards Tête d'enclume Fermer les guillemets Ranger dans l'tiroir… Parl' sans cesse Chant' en classe Rit tout fort Trop d'paresse Se prélasse Pas d'efforts Collectionne Accumule Les zéros Affectionne La pendule Pas l’tableau Parle anglais Comm’ une vache Espagnole Accentué Quand il mâche Du ch'wing-gum Insolent Insoumis Incapable Affligeant Assoupi Sur la table A la traîne Ici pour Faire sa nuit Comme la seine Suis son cour Dans son lit Élève vif Et rapide Comm’ personne Réactif Et lucide Quand ça sonne …..
20.
T'étais aussi grand qu'un clocher Parfois les nuages s'accrochaient Dans tes lunettes Et sur la buée de tes carreaux Comme on laisse un mot au tableau Au prof de lettre Je t'envoyais des paragraphes Des monceaux de fautes d'orthographes Par la fenêtre Que tu découpais au ciseau Taillant parfois les pieds en trop À la serpette T'avais la taille d'un grand héron Pour changer l'ampoule au plafond C'était pratique Pour toucher deux mots au patron Lui glisser entre deux chansons Quelques cantiques T'avais le cœur coupé en deux Moitié bon z'homme moitié bon Dieu L'âme alambic Le dos voûté au fond des caves Quand Pauillac et la pointe de grave Ouvraient boutique T'étais pas plus haut que mille pommes Il te fallait pour faire un somme Plus d'un transat T'étais le premier averti Quand soudain'ment la dernière pluie Se carapate T'avais choisi le ciel normand Une vallée d'Auge aux pommiers blancs Où les barattes Tournent le beurre comme les horloges Des métiers d'hommes qui trouve éloge Dans tes pénates J'ai recompté tous les oiseaux Ce soir il y'en a un en trop Dont l'envergure Soulève l'air comme la bise Sèchant au passage les chemises Et les peintures Et quand il rase les terrasses Des cafés du vieux Montparnasse Comme un murmure J'entends la guitare de tonton Depuis l'impasse Florimont Longer les murs

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Laurent Gatz France

"En marge des modes et des formats convenus, Laurent Gatz propose une chanson française originale, audacieuse, portée par un solide groove et une formation musicale de premier plan.
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